Westend Audio Systems SERVUS — Convertisseur numérique-analogique à tubes
Deux puces ES9038Q2M en double mono, le PCM 768 kHz et le DSD512 en natif, un étage de sortie à doubles triodes en cathode suiveuse que l'on accorde en changeant ses lampes, et un ampli casque classe A : le DAC à tubes de Westend Audio Systems, fait main à Munich.
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En Bavière comme en Autriche, « Servus » est le salut que l'on se lance entre amis. En latin, le mot désigne le serviteur. Les deux sens conviennent au SERVUS de Westend Audio Systems, un DAC à tubes conçu pour se mettre entièrement au service de la musique. Signé par Günther Mania, longtemps l'architecte des électroniques AVM et grand spécialiste des transistors, ce convertisseur numérique-analogique associe deux puces ESS en double mono, une conversion native jusqu'au PCM 768 kHz / 32 bits et au DSD512, et un étage analogique confié à des doubles triodes. Il intègre de plus un véritable amplificateur casque en classe A.
Le convertisseur d'une maison d'amplificateurs
Basée à Munich, la manufacture de Stefan Trog s'est d'abord fait un nom avec deux intégrés à lampes, le LEO et le MONACO. Avec le SERVUS, elle a fait un pas de plus vers une chaîne complète. Stefan Trog, longtemps fournisseur de façades chromées pour de grandes marques allemandes, travaille avec Günther Mania depuis plus d'une décennie. Celui-ci avoue en souriant que « les lampes font quelque chose de faux : elles font de la musique, phénoménalement plastique et imagée ». Pour un ingénieur de mesure habitué aux rapports signal/bruit spectaculaires des transistors, la remarque vaut profession de foi.
Deux puces SABRE en double mono
La conversion repose sur deux circuits ESS ES9038Q2M de la famille SABRE. Chacun travaille en mode mono et se consacre à un seul canal : l'architecture double mono préserve ainsi la séparation entre la gauche et la droite dès les premiers étages. Le SERVUS convertit le PCM jusqu'à 768 kHz / 32 bits et traite le DSD en natif, sans passer par le PCM, jusqu'au DSD512.
Une conversion fidèle au format d'origine
Le SERVUS ne propose ni suréchantillonnage automatique ni choix de filtres numériques, et c'est un parti pris assumé. Pour Günther Mania, le mieux est de restituer un enregistrement dans le format où il a été réalisé en studio. Les signaux S/PDIF, jusqu'à 192 kHz, sont transmis directement aux convertisseurs, et le filtre, linéaire en amplitude, n'intervient qu'au-delà de 100 kHz. La bande audible n'est donc pas affectée.
Sept entrées numériques
Le panneau arrière accueille deux entrées optiques TOSLINK (jusqu'à 96 kHz / 24 bits), trois entrées coaxiales 75 Ω (jusqu'à 192 kHz / 24 bits), une entrée symétrique AES/EBU sur XLR et une entrée USB-B pour la haute résolution et le DSD. L'interface USB provient d'un spécialiste réputé, et Günther Mania l'a profondément retravaillée. Un lecteur CD, un transport, un téléviseur ou un streamer trouvent ainsi leur place sans adaptateur. La façade affiche par LED la fréquence d'échantillonnage du signal reçu, en PCM comme en DSD.
L'étage à tubes : des triodes montées en cathode suiveuse
C'est ici que le SERVUS se distingue. À la sortie des convertisseurs, le signal analogique traverse un étage bâti sur deux doubles triodes, montées à l'horizontale dans le châssis. Ces lampes ne travaillent pas en montage anodique, comme le plus souvent, mais en cathode suiveuse : la grille reçoit le signal, la cathode le restitue.
Une bande passante analogique au-delà de 500 kHz
Ce montage offre une impédance très basse et une bande passante analogique supérieure à 500 kHz, là où un étage anodique sans contre-réaction plafonnerait vers 30 à 40 kHz. Il en résulte une phase et une amplitude parfaitement stables dans toute la bande audible, tandis que la faible impédance préserve l'excellente séparation des canaux assurée par les convertisseurs. Le tout fonctionne sans contre-réaction, que Günther Mania refuse catégoriquement sur un étage à tubes.
Des lampes alimentées sous 24 volts
Une technique de circuit particulière permet de faire travailler les lampes sous une tension d'anode régulée de 24 volts, bien loin des centaines de volts habituelles. Elles y gagnent une grande longévité et une stabilité exceptionnelle dans le temps, et l'appareil ne recèle aucune tension dangereuse en dehors du secteur. Quatre sources de courant constant fixent automatiquement le point de fonctionnement de chaque système de triode, si bien qu'un changement de lampes ne demande aucun réglage. L'alimentation analogique dédiée aux tubes dispose de 4 400 µF de filtrage, et une alimentation à découpage séparée sert la partie numérique.
Des sorties confiées à la classe A
Après les lampes, des étages tampons très linéaires, réalisés avec des transistors de puissance discrets en classe A, transmettent le signal aux sorties sous basse impédance. Les sorties RCA (2,6 V, 50 Ω) et XLR symétriques (2,6 V, 110 Ω) sont découplées l'une de l'autre et peuvent servir simultanément, par exemple pour alimenter deux amplificateurs. Westend annonce une réponse de moins de 10 Hz à plus de 100 kHz selon la fréquence d'échantillonnage, et un rapport signal/bruit de 105 dB (108 dB(A)) en XLR, 104 dB (107 dB(A)) en RCA.
Choisir ses lampes plutôt qu'un filtre
Là où d'autres convertisseurs multiplient les filtres numériques, le SERVUS propose un réglage bien plus tangible : le choix des tubes. Le manuel de Westend indique une paire d'ECC81 en équipement de série, des ECC82 ou des ECC83 en option. Selon la configuration, la distorsion harmonique totale annoncée varie de 0,05 à 0,3 %, et la signature sonore change elle aussi. Lors de son essai, la revue image hifi a décrit des ECC83 très neutres, que Günther Mania juge « les plus droites, car pratiquement dénuées de couleur propre », des ECC81 au grave tenu et à l'attaque mordante, idéales pour le rock, et des ECC82 plus douces, à la sonorité pleine et chaleureuse, propices aux longues écoutes. Le point de fonctionnement étant automatique, vous pouvez ajuster le caractère du SERVUS à vos goûts et à votre système, sans outillage de mesure.
Un amplificateur casque digne de ce nom
Le SERVUS ne se contente pas d'alimenter votre amplificateur. Sa façade accueille une prise casque 6,35 mm servie par un amplificateur entièrement discret, lui aussi en classe A et découplé des autres sorties. Le volume est réglé par un potentiomètre ALPS de grande qualité. Avec jusqu'à 15 V de tension de sortie et une impédance de 47 Ω, il s'accorde avec la quasi-totalité des casques du marché. Le branchement d'un casque coupe automatiquement les sorties arrière.
Le châssis du LEO, en quatre habillages
Le SERVUS emprunte le généreux boîtier de l'intégré LEO, ce qui en fait le partenaire visuel idéal des amplificateurs de la marque. Ses pièces d'aluminium massif fraisé blindent efficacement l'électronique et les lampes, et ses pieds massifs tiennent ces dernières, sensibles aux vibrations, à l'écart des perturbations. L'appareil mesure 430 × 400 × 135 mm et pèse 10 kg. Sa consommation se limite à 20 W en marche et reste inférieure à un demi-watt en veille ; l'appareil se met de lui-même en veille après 30 minutes sans musique, une fonction désactivable.
Quatre finitions sont au tarif : aluminium brossé à la main, thermolaqué (en noir, en blanc ou dans le coloris que vous souhaitez), nickel, ou encore aluminium poli. Westend étudie également, sur demande, d'autres traitements de surface et d'autres équipements en lampes. Le SERVUS est livré en flight-case avec sa télécommande infrarouge RC3D, qui gère la mise en marche, la sélection des entrées, la sourdine et la luminosité des LED, un cordon secteur, une clé Allen ainsi que des gants destinés à la manipulation des tubes. Avant de quitter Munich, chaque appareil subit un essai de fonctionnement de 24 heures.
À l'écoute : la précision d'un Mania, la souplesse des lampes
La revue image hifi résume le SERVUS d'une phrase : « la puissance et la rapidité des amplificateurs à transistors de Günther Mania s'allient à la finesse nuancée des tubes ». Sur le Sacre du printemps, son essayeur a relevé une manière précise et engagée de restituer les dissonances et les ruptures rythmiques, sans rien adoucir. Sur des enregistrements plus intimes, il a surtout noté une scène large et profonde, des instruments mieux situés et ce surcroît de naturel qui sépare le très haut de gamme du reste. Au point d'écrire, à propos d'un disque proposé en vinyle et en CD : « J'ai écouté détendu et avec plaisir, sans être tourmenté par l'envie que la musique vienne plutôt du vinyle que du CD. » La dynamique, la neutralité tonale et la musicalité vont ici de pair.
Le SERVUS dans votre système
Ses sorties à niveau fixe destinent le SERVUS à un amplificateur intégré ou à un préamplificateur. Avec les LEO Mk2 et MONACO Mk2, il partage le même langage esthétique, et les entrées XLR de ces intégrés accueillent naturellement sa sortie symétrique. Associé au préamplificateur ELLI, il s'intègre à une chaîne Westend à éléments séparés. Côté sources, un streamer à sortie USB lui confie la haute résolution et le DSD, un transport CD passe par l'entrée coaxiale ou AES/EBU, et un téléviseur peut emprunter l'entrée optique, réglé en PCM linéaire, le SERVUS ne décodant pas les formats surround.
Il chauffe peu : en meuble, un dégagement de 5 cm au-dessus du capot suffit. Comptez enfin une centaine d'heures pour que des lampes neuves livrent toute leur musicalité.
Pourquoi choisir votre SERVUS chez HifiGroov
Le SERVUS se règle autant qu'il se choisit : par sa finition, et plus encore par ses lampes. Nous aimons accompagner ce type de projet. Nous écoutons d'abord votre système et vos goûts musicaux, puis nous vous conseillons sur la configuration de lampes la plus adaptée, en lien avec la manufacture munichoise. Nous vous aidons ensuite à le raccorder à votre streamer, à votre ordinateur ou à votre lecteur, et nous restons là pour la suite. Chez HifiGroov, pas de discours commercial : du conseil, de l'écoute et de l'attention.
Le Westend Audio Systems SERVUS en questions
Le SERVUS lit-il le DSD en natif ?
Oui. Par son entrée USB, il convertit le DSD de DSD64 à DSD512 sans passer par le PCM, ainsi que le PCM jusqu'à 768 kHz / 32 bits. Les entrées S/PDIF acceptent le PCM jusqu'à 192 kHz / 24 bits en coaxial et AES/EBU, et jusqu'à 96 kHz en optique.
Peut-on changer les lampes soi-même ?
Oui. Le point de fonctionnement est réglé automatiquement par des sources de courant, et les lampes travaillent sous 24 volts seulement. Le SERVUS est livré avec la clé Allen du capot et une paire de gants. En dehors de la paire d'ECC81 de série, il accepte des ECC82 ou des ECC83 : nous vous conseillerons volontiers sur le choix.
Le SERVUS peut-il servir de préamplificateur ?
Non. Ses sorties RCA et XLR délivrent un niveau fixe, et seul le casque dispose d'un réglage de volume. Il se raccorde donc à un amplificateur intégré ou à un préamplificateur.
Faut-il installer un pilote USB ?
Les streamers et les ordinateurs Mac le reconnaissent généralement sans pilote. Sous Windows, un pilote spécifique peut être nécessaire : Westend vous accompagne alors directement. Le constructeur recommande de le relier directement à la source, sans concentrateur ni commutateur USB.
Pourquoi le SERVUS ne propose-t-il pas de filtres numériques ?
Parce que son concepteur préfère confier l'ajustement tonal aux lampes. Le filtre unique n'intervient qu'au-delà de 100 kHz, et le choix entre ECC81, ECC82 et ECC83 offre une palette de nuances bien plus nette qu'une liste de filtres.
Dites « Servus » à votre musique numérique
Rigueur d'un concepteur nourri aux transistors, chaleur et liberté d'un étage à tubes que l'on peut accorder à ses goûts, amplificateur casque de premier ordre : le Westend Audio Systems SERVUS donne au numérique ce supplément de vie qui fait oublier la technique. Venez le découvrir chez HifiGroov, ou contactez-nous pour en parler et organiser une écoute.